Presse

Gramophonies

« On peut commencer le parcours par la salle Saint-Georges à la Grand-Place et y prendre la brochure d'explication et le plan des lieux à visiter. Yann Rocher, architecte et acousticien, y a placé des dizaines de gramophones de son invention, comme ceux de Graham Bell et Edison. Ils forment dans la pénombre du lieu, avec leurs couleurs phosphorescentes, un champ de champignons sonores ».
Guy Duplat, A Mons, on voit avec les oreilles, La Libre Belgique, 29 juin 2006
« Ces volumes analogiques désignent en creux la poétique du caractère indiciel devenant signe perdu, et continuent d’activer une mémoire effacée, à investir et troublante, au cœur de la bande son. Dans le même esprit, l’exposition de Yann Rocher, Carl Seleborg et Grégoire Carpentier Gramophonies (City Sonics, 2006) était composée d’objets miniatures et phosphorescents, de pavillons acoustiques diffusant les mémoires et les observations de Thomas Edison dans un espace ultraviolet. Gramophonies retrace aussi bien les thèmes des écrits de l’inventeur du phonographe (comme son approche des gramophones qui les ferait tendre vers une sismographie de l’écoute, ou sa recherche extraordinaire faite en 1877 d’un nom, précisément, pour nommer sa découverte) qu’elle évoque les Intonarumori de Luigi Russolo et leur ouverture sur une poétique des sons. »
Alexandre Castant, Planètes sonores. Radiophonie. Arts. Cinéma, Monographik, Blou, 2007, p. 101.
« Fil conducteur du festival, les installations s'inscriront cette année encore dans la démarche résolument immersive et sensorielle empruntée depuis quelques éditions déjà, en partenariat avec le festival City Sonics de Mons. Avec qui plus est, cette année encore un travail interrogatif sur la mémoire qui ne sera pas sans rappeler les surprenantes cartes postales auditives de Cléa Coudsi et Eric Herblin présentées l'année dernière. C'est en effet à travers le prisme du souvenir et par le truchement de gramophones miniatures émettant des sons dispersés, littéralement émiettés dans l'espace, que s'appréhende la très poétique installation Gramophonies de Yann Rocher, Carl Seleborg et Grégoire Carpentier. Semblables à des fleurs, des bouches ou des pavillons d'oreille, ces étranges machines hybrides investiront les lieux tels des spectres interrogeant l'écoute de leurs traces sonores et vocales fragmentées pour une séance ininterrompue de diffusion et de narration sonore très particulière. »
Laurent Catala, De l'immersif a l'incandescent. Le Festival Octopus au Point Ephémère, Mouvement, février 2009.
« Soixante-dix-huit gramophones miniatures en marche, des dômes métalliques interactivement sonores et lumineux... voilà pour le décor immersif du festival Octopus, dédié aux inventeurs d'instruments. »
Télérama, mercredi 18 ou 25 février 2009.
« ...des gramophones miniatures qui transformeront les sons en souvenirs ou encore un métier à tisser musical... City Sonics rassemblera au total une cinquantaine de projets, une trentaine d'installations, une vingtaine de performances et trois soirées de concerts. »
Julien Broquet, Ouvrez les yeux, admirez les sons, Le Soir, 21 juin 2006
« Pour être précis, c'est à 9h15 dans la cour du Musée du temps que les premières choses à voir et à entendre s'animeront. Il s'agit de « Gramophonies », une installation de gramophones en forme de fleurs et « Phono Parade », où un DJ joue avec de vieux tourne-disques »
Philippe Sauter, "Sonorama, comment ça marche ?", L'Est Républicain, 7 octobre 2009.
« Je pénètre dans une pièce noire, éclairée par la lumière diffuse, orange fluorescente, d'une multitude de "champignons et fleurs haut-parleurs" qui tapissent l'espace. Espace magique, plastiquement à la fois sobre et complexe, tissé d'un réseau de diffuseurs sonores fabriqués maison. Au départ, l'ambiance est silencieuse. Puis, des voix s'élèvent, fusant de toutes parts, entremêlées d'accords instrumentaux, le tout dans une composition finement ciselée. On perçoit des bribes de messages, des paroles en fait tirées des mémoires de Thomas Edison, inventeur, avec le Français Charles Cros on l'oublie souvent, tout deux considérés comme les pères du gramophone. Cet hommage installé, pièce acousmatique où son et ambiance visuelle forgent un espace aussi cohérent qu'efficace, propose une halte sereine et dépaysante pour les yeux et les oreilles, à consommer sans modération. »
Gilles Malatray, Chronique Désarçonnante, Festival Sonorama, 9 octobre 2009

Théâtres Fantômes

« Théâtres-Fantômes, de Théâtre électronique (F), collectif qui regroupe plusieurs artistes (architectes, informaticiens, et créateurs sonores), propose dans le bel espace de la Machine à Eau une installation inspirée des lieux hantés et des histoires de fantômes liées au théâtre. »
Stephan Dunkelman, 7e édition du festival City Sonics du 25/06 au 26/07 à Mons, Belgique, Les Cahiers de l'ACME, 1 juillet 2009
« C'est l'entité Théâtre Electronique qui investit la grande salle de la Machine à Eau avec l'ambition d'en faire une vaste halle hantée. Comme si l'on pénétrait dans les flancs d'un navire coulé par le fond, envahi des sons de tous les drames de la terre et de l'eau, comment ils se trament puis se déchaînent, font passer de l'autre côté et hantent l'imaginaire. La scène est occupée par une grande carcasse blanche. Structure d'un vaisseau, squelette d'un monstre marin, la forme peut-être ce que l'on veut, c'est le principe du fantôme. Une pièce musicale, plus exactement théâtrale, est diffusée à fort volume, se déplace, monte et descend dans l'espace, l'action sonore flue et reflue comme le ressac marin, on y entend des voix, des dialogues, des éléments marins, des chocs passionnels, ce que l'on veut, finalement. Ce n'est pas désagréable, l'atmosphère est presque prenante. Il y manque quelque chose, du vibrant, du décoiffant, un peu plus de magie, du frisson ? »
Chris Pearson, Installations fantômes en ville, Comment c'est!?, 10 juillet 2009
« Grâce à City Sonics, les [enfants] se familiarisent à l'enregistrement et au montage sonore [...]. S'initient à l'écoute dans la ville à l'aide d'un stéthoscope. Et découvrent les interactions entre architecture et sons autour de l'installation Théâtre-fantômes de Théâtre Electronique... »
Julien Broquet, Déambulations « sonsorielles », Le Soir, 09 juillet 2009.
« On n'oubliera pas non plus le gigantesque théâtre-fantôme qui impressionne, stimule l'imagination. »
Thérèse Dupont, Avec CitySonics, Mons devient une ville sonore, Le Vif, 16 juillet 2009.

Wagner en Têtes

« Plus significatives de l'univers artistique accessible par le biais du numérique, les installations sonores de l'exposition multimédia de l'Ircam réconcilient avec l'ordinateur. Une souriante intimité est offerte en partage dans le système multicanal de Wagner en têtes de Yann Rocher et Emmanuel Rio. »
Pierre Gervasoni, Résonances interactives à l'Ircam, Le Monde, 19 octobre 2003.
« Dans une pièce sombre et insonorisée, Yann Rocher et Emmanuel Rio nous invitent à découvrir l’univers onirique de Wagner par l’entremise d’une série de 32 têtes à son effigie surplombant de petits haut-parleurs, eux-mêmes situés à l’extrémité de tiges verticales. Le visiteur se promène dans cette matrice de sources sonores parfaitement symétriques pour y écouter une succession de récit à la première personne d’une multitude de rêves que Wagner se plaisait à raconter à son épouse au réveil. Ces évocations sont accompagnées de sons d’alto, de synthèse et de voix transformée. Ces rêves sont issus du journal de Cosima qui retrace la vie quotidienne de Richard Wagner et qui n’en comprend pas moins de 421. 84 d’entre eux ont été sélectionnés pour cette œuvre. »
Cyril Colom, « Résonances 2003 », Musicrun, novembre 2003.
« The most interesting installation, for me, was called “Wagner en têtes” by Yann Rocher and Emmanuel Rio, based on Wagner's writings about his dreams. Tiny artificial molded heads of Wagner are placed somewhat below earlevel on poles arranged in a grid in a fairly small room. Fragments of words and music emerge from different heads at different moments, through a multi-channel computer controlled sound system, so that walking around gives different aural perspectives. The volume is sufficiently low that one hears only a general murmur unless standing beside the “head” that is broadcasting, and even then, it helps to lean towards it. These details, along with a low lighting, give a sense of intimacy and dream-like quality to the work. »
Report on Résonances festival, Paris, Oct. 2003 – concerts, lectures, installations, by Mountain, New Media Watch, 25 janvier 2004
« A l'intérieur de l'auditorium Rainier-III, Monnet s'affaire à la photocopieuse, tandis que certains déambulent au milieu des trente-deux mini-têtes de Wagner posées sur des tiges d'acier et s'illuminant au son de récits de rêves du compositeur consignés dans le Journal de Cosima. »
Eric Dahan, Monte-Carlo Fortissimo, Libération, 10 avril 2004.
« Au centre d'information de la région wallonne, l'onirique déambulation au milieu de 32 têtes luisantes de Wagner, évocation sonore de rêves, cède sous les assauts de la radio à l'accueil qui crachote du Boney M à pleins tubes. »
Marie Lechner, Mons hausse le son, Libération, 14 juillet 2005.
« Exceptionnellement ce week-end, le temps des technologies musicales invite le grand public à pénétrer dans ses savants studios. Ne vous attendez pas à croiser des musiciens en redingote. Vous ne verrez pas la queue d'un piano. Ce sont de surprenantes installations sonores, la plupart actionnées par des ordinateurs, qui tiennent ici lieu d'instruments : des petites têtes moulées et lumineuses de Wagner qui racontent les rêves du musicien... »
M.B., "Bienvenue dans le temple des musiques futuristes", Le Parisien, 18 octobre 2003.
« Le dispositif suivant déploie dans le noir une série de têtes miniatures de Richard Wagner, comme assoupies, qui apparaissent et disparaissent au gré d'un récit sonore. Voix et sons instrumentaux, qui circulent dans l'espace par surgissements et déplacements, évoquent les rêves du compositeur que Cosima sa femme a consignés dans ses Mémoires. Plus précisément le dispositif distribue dans l'espace une double trame de têtes munies de haut-parleurs et de lampes, trente-deux au total, qui assurent la diffusion sonore et lumineuse. Le récit est porté par cette sorte d'orchestre virtuel de têtes, qui tour à tour déclame vocalement les rêves et les illustre par des sons d'alto à faible volume, en séquences entrecoupées de silence. Ces séquences, ordonnées par analogies entre les rêves, offrent une lecture parallèle de l'existence du compositeur. Les sons se déplacent selon les rêves et les possibilités ouvertes par les deux trames. L'auditeur chemine entre les têtes et peut se pencher librement sur chacune d'elles, percevoir les mouvements et composer ainsi son propre espace sonore.

Créée par Emmanuel Rio et moi-même en 2003 à l'Ircam, l'installation Wagner en têtes développe donc une esthétique de la diffusion sonore prenant l'apparence d'un système, d'une machine à écoute qui s'abstrait du lieu, comme ces pièces électroacoustiques données dans le noir : ce n'est que dans une chambre aveugle et sourde, l'obscurité et le confinement acoustique du studio, que les têtes fantasmatiques de Wagner peuvent élaborer un ailleurs. L'installation cherche en effet à repousser cette limite infranchissable qu'est l'intérieur d'une tête, en s'organisant à la manière d'un rite exorciste, une forêt de têtes réduites se délivrant par la parole et le son ; un support où les différentes spatialisations sonores et lumineuses, les jeux d'échelles, de proximités et de démultiplications, ne sont au fond destinés qu'à composer un seul lieu : la tête de Wagner comme chambre d'écoute, abstraite et elle-même remplie de lieux fantasmés – les voyages, la vie domestique, le théâtre de Bayreuth, et à la fin de sa vie, les montagnes. C'est en s'éloignant du réel, au sein d'un lieu neutralisé et vide, que ce dispositif et cette écoute sont possibles. »

Yann Rocher, "Le lieu d'écoute en question", in Art Press trimestriel n°15 "L'art des sons", novembre 2009-janvier 2010

Théâtres Fictions

« Un architecte acousticien imagine des théâtres miniatures utopiques, où la configuration modifie l'écoute (Neuf théâtres-fictions, de Yann Rocher) : il touche à la sculpture sonore. »
Annick Rivoire, Mons montre le son. Parcours sonore dans la ville belge à la découverte de la « musique plastique », Libération, 28 juin 2004.
« A la maison des jeunes plasticiens, Pascale Tison de la RTBF dialogue avec des photos de Gilbert Fastenakens tandis que Yann Rocher crée 9 mini-théâtre-fiction, maquettes hantées par le son. »
Guy Duplat, Mons passe le mur du son, La Libre Belgique, 30 juin 2004.
« City Sonics se déploie, cet été, dans cinq lieux culturels ou investis pour l'occasion, situés au centre-ville montois. Des installations, créées pour l'occasion ou jamais présentées en Belgique, réuniront Arno Fabre et sa symphonie pour gouttes d'eau et percussions, Kim Cascone (ex-assistant monteur son de David Lynch) et ses nids d'insectes digitaux, le jeune architecte sonore Yann Rocher et ses Théâtres-fictions, Jean-Luc Dietrich et ses Intersonics, traits d'union dynamiques entre les installations sonores. »
Une ville pleine de sons, Mouvement n°29, juillet-août 2004.
« Outre 17 installations avec leur lot de découvertes (le jeune architecte parisien Yann Rocher et ses Théâtres-fictions miniatures, le compositeur montois Grégory Marzalkowski avec une première installation poético-musico-plastique à l'orientale métamorphosant le bar de la Machine à Eau en Jardin secret) et de confirmations [...], City Sonics a ouvert ses champs sonores fertiles à l'image vidéo principalement inspirée par les musiques et les bruissements du 21ème siècle. »
Martine Bintner, Ecritures Numériques, 15 septembre 2004.
« Architecte et acousticien de formation, Yann Rocher présentait ses Théâtres-fictions, ensemble de maquettes de théâtres imaginaires (surdité, fantôme, logorrhée) auxquelles sont associées de subtiles fictions sonores évoquant les thématiques qui y sont associées. »
Bernard Marcelis, Mons. City Sonics. Divers lieux, 20 juin - 25 juillet, Art Press n°305, octobre 2004.